Congrès FNADE 2016 : le numérique, un enjeu pour l'économie circulaire

Retrouvez l'essentiel du congrès FNADE 2016 : débats et films consacrés à la transition numérique.

La révolution numérique en marche

Le numérique transforme des pans entiers de l’économie, y compris les métiers de l’environnement et de la dépollution. Pour Jean-Marc Boursier, président de la FNADE, il provoque deux changements fondamentaux : l’évolution de la relation client avec une ouverture plus grande vers le citoyen, et la nécessaire capacité des entreprises à rétrocéder intelligemment des données à leurs clients industriels et collectivités.

Données, performances et qualité de service : de la collecte à la prédiction

« Ceux qui détiendront la donnée maîtriseront leur futur ! ». Didier Courboillet, vice-président de la FNADE, résume ainsi tout l’enjeu de la première table ronde du congrès, consacrée à la qualité environnementale et la performance des services. A ses côtés : Stéphane Bicocchi, président du SN2E, Dominique Mignon, directrice générale de l’éco-organisme Ecomobilier, Virginie Gatin, directrice du développement durable et de la qualité de JC Decaux, Marc Mortureux, directeur général de la prévention des risques au MEEM et Jean-Luc Polard, vice-président de Brest Métropole. Lors de la table ronde, ces experts ont débattu du rôle et de l’usage de la donnée aujourd’hui et demain dans la gestion, le traitement, la valorisation des déchets et la préservation de l’environnement. Il faut aller vite car les enjeux sont d’importance. L’objectif est d’améliorer la performance, le service rendu à l’usager. Les contrats de performance entre les opérateurs et leurs clients, collectivités territoriales ou entreprises en sont les meilleures illustrations.

Aujourd’hui, si la donnée permet de suivre en temps réel et en continu les flux de déchets, elle devra à l’avenir permettre de les prédire, pour mieux anticiper les moyens nécessaires à leur valorisation, mieux maîtriser la chaîne de valeur, et bien sûr améliorer les performances économiques. Pour y parvenir, les défis sont notamment ceux du rassemblement et de l’analyse de ces données.

La donnée, vecteur de l’économie circulaire

Cette société de demain sera peut-être celle des projets architecturaux de Vincent Callebaut, venu présenter plusieurs exemples de « villes fertiles » en préambule à la deuxième table ronde de l’après-midi, consacrée à l’économie circulaire. Dans ces projets, dont certains sont en cours de réalisation en Chine ou en Egypte, les bâtiments se couvrent de verdure, sont à énergie positive, construits en matériaux renouvelables et chauffés grâce aux déchets organiques. « La donnée, souligne Sylvain Joannon, vice-président de la FNADE, est pour nous un levier essentiel, un accélérateur de changement de nos métiers ».

Accélérer le passage à l’économie circulaire grâce aux données ? Oui, d’abord pour faire changer les comportements des citoyens, souligne Matthieu Orphelin, directeur économie circulaire et déchets à l’ADEME. Ensuite pour aider des industriels comme Tarkett, producteur de revêtements de sol, à travailler à l’éco-conception de ses produits et à la récupération des chutes de chantier, souligne Elodie Jupin, manager du programme ReStart de Tarkett. Pour Yves Bourquard, président de la FAMAD, la donnée est aussi indispensable pour optimiser les tournées de collecte. François Villerez, chef du bureau éco-industries et développement industriel durable au ministère de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique, juge quant à lui que les données ont un intérêt primordial pour produire de l’intelligence économique, identifier les gisements et connaître les mécanismes des flux.

Anticiper et accompagner la mutation

Reste un risque que génère le numérique, a souligné par Jean-Marc Boursier, celui de la désintermédiation. « Ce serait une erreur de se croire à l’abri de l’ubérisation, il faut ouvrir les yeux car les modèles qui nous désintermédient existent déjà ». La réponse est dans l’évolution vers plus d’intelligence de nos métiers : « il faut que l’on vende de la valeur, de l’intelligence et du benchmark. Il faut aussi optimiser nos propres coûts de logistique grâce à la donnée. Et il faut accélérer notre dialogue avec le citoyen, révolutionner l’accès clientèle en somme. Je ne suis pas inquiet pour nos métiers, mais il faut continuer à évoluer aussi vite que notre environnement ».

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