Déchets, énergie, matériaux : nouveaux enjeux de souveraineté dans un monde instable

18/09/2026

Lors de la 9ème conférence nationale sur les déchets ménagers dont la FNADE est partenaire, qui s’est déroulée le mardi 9 juin, Muriel Olivier, Déléguée générale de la FNADE, Antoine Bousseau, Président de la FNADE et Ghislain Eschasseriaux, Président du collège valorisation énergétique de la FNADE ont pu intervenir et échanger autour de 2 tables rondes afin de rappeler l’importance de l’autonomie locale et de la souveraineté énergétique.

Gaz, CSR et déchets : vers une souveraineté énergétique par l’économie circulaire ?

Comme souligné dans l’introduction de Patrice Geoffron, professeur de sciences économiques à l’Université Paris-Dauphine, directeur du Centre de Géopolitique de l’Énergie et des Matières Premières (CGEMP) : « Face à un monde « pétrogazier » devenu plus incertain, la France doit changer de narratif : l'autonomie énergétique doit désormais être pensée comme un enjeu de sécurité collective. Dans cette perspective, chaque mètre cube de gaz vert produit localement ou chaque baril de pétrole substitué par la valorisation des déchets réduit notre dépendance aux importations.

Le secteur des déchets est ainsi au cœur de cette résilience, notamment grâce à la méthanisation, aux réseaux de chaleur et de froid et aux combustibles de récupération. Si l'électrification ne couvrira, selon les scénarios de RTE, que 60 % de nos besoins en 2050, les 40 % restants devront notamment s'appuyer sur ces filières locales. Elles offrent ainsi un levier concret pour renforcer notre sécurité énergétique à court terme. »

Muriel Olivier a rebondi sur cette intervention, en mettant en avant le potentiel du secteur des déchets.

« Le secteur des déchets a produit 16 TWh de chaleur et de gaz en 2020. Il a la capacité à doubler sa production d'ici 2030. Ces chiffres illustrent le potentiel de ces filières pour répondre à une partie croissante de nos besoins énergétiques tout en s'appuyant sur des ressources disponibles localement.

Les atouts sont nombreux : « c'est une énergie renouvelable et de récupération bas carbone, locale, destinée aux territoires et à l'industrie via des réseaux de chaleur urbains, industriels, et de plus en plus les réseaux de gaz. Stable et résiliente face aux crises, cette énergie contribue au pouvoir d'achat des Français de manière pérenne », estime Muriel Olivier. »

Ghislain Eschasseriaux, lui a souligné le rôle des UVE au sein des territoires en termes de stabilité des prix de l’énergie produite. Il a rappelé néanmoins le nombre croissant des accidents liés au protoxyde d’azote et les dégâts importants causés qui posent la question du partage des responsabilités.
Sur l'enjeu décarbonation, la décision prochaine de l'ETS sera importante. Une analyse de la FNADE a montré que ce dispositif n'a pas d’impact sur les déchets en amont des UVE.

Service public de gestion des déchets ménagers : pilier de souveraineté ou modèle sous tension ?

Lors de cette table ronde Antoine Bousseau, Président de la FNADE a souligné la relation entre la souveraineté et la stratégie industrielle. Il a insisté sur la nécessité de revoir nos ambitions de recyclage de manière « utile et raisonnable », sur les matières que l'on sait techniquement et économiquement recycler localement. Il a rappelé que la seule souveraineté efficace est « territoriale » : le système réussit lorsqu'il sert directement son bassin de vie, comme le prouvent les Unités de Valorisation Énergétique couplées aux réseaux de chaleur urbains, ou la méthanisation qui crée des filières efficaces entre le monde rural et les collectivités. Le service public, en tant que maître d'ouvrage, récolte directement le fruit de cette « dynamique vertueuse ».

Il a conclu son intervention par « Il faut changer notre vision de la souveraineté, beaucoup de choses sont à écrire en prenant en compte les évolutions récentes industrielles, économiques. Regarder nos déchets vraiment comme des ressources ».