Extraits du Congrès FNADE 2026

03/07/2026

Une journée dynamique riche en échanges, en débats et en perspectives ! 

©Cédric Helsly

Cette édition 2026 a réuni 20 intervenants aux profils variés autour des grands enjeux de l'économie circulaire, de l'environnement et du climat, devant un public nombreux. 300 personnes ont participé à cette journée.

Présentations et tables rondes ont permis d'aborder des sujets majeurs tels que l'évolution de nos modes de consommation, la circularité des déchets complexes, les enjeux de sécurité industrielle, le défi climatique, la santé environnementale et le marché émergeant du CO2 biogénique. La qualité des échanges a mis en lumière l'importance de la coopération pour relever ensemble ces défis majeurs.

Un grand merci à l'ensemble des intervenants pour leur engagement et leur contribution à cette journée de réflexion et de partage.

Ouverture par Antoine Bousseau, Président de la FNADE

"Ce n'est pas uniquement les déchets en eux même qui évoluent, c'est aussi notre connaissance et notre expérience qui se développent. Plus nous allons chercher à être vertueux dans la collecte pour recyclage, plus nous allons voir émerger des parts désirables mais également des parts indésirables dans nos déchets. Il nous faut désormais envisager et gérer les risques inhérents à ces indésirables (pfas, protoxyde d'azote, piles et batteries lithium)." Antoine BOUSSEAU Président de la FNADE

Les déchets, miroirs de notre consommation
©Cédric Helsly

"L'accélération est la promesse qui organise nos sociétés. Un accélération sur le travail, la mobilité, la vie domestique. Tout cela a un impact sur nos déchets évidemment." Camille DORMOY, Sociologue

Développer la circularité des déchets complexes

Cette table ronde a réuni des experts issus de l'industrie et des organisations professionnelles pour partager leurs expériences et leur vision des enjeux de la circularité.

©Cédric Helsly

"Il n'y a pas encore de définition du déchet complexe mais sa composition, les procédés industriels nécessaires à son recyclage et les débouchés sont les 3 éléments qui déterminent cette complexité. L'économie circulaire n'a de sens que si on lui redonne une valeur économique, Il faut désormais donc parler de gestion de ressources." Romuald Caumont, Chef de service Coordination, Évaluation et Valorisation Direction économie Circulaire à l'ADEME

"L'accès a la matière recyclée est très compliqué pour les producteurs Français et européens; il n'y a pas encore une vraie stratégie européenne claire sur la matière, pourtant il faudrait utiliser la "mine urbaine" de métaux stratégique disponibles dans nos produits et sur nos territoires et développer les outils de proximité pour les traiter et les recycler." Sophie Schmidtlin CTO Circular Economy Business de THE FUTURE IS NEUTRAL

"Ce qui fait la réussite de notre "pack alu" pour le recyclage de nos poêles, ce sont également la collaboration avec nos partenaires experts des déchets qui nous a permis d'avancer aussi vite sur la gestion de nos déchets complexes." Ingrid Tams, Responsable Nouvelles solutions circulaires du Groupe SEB

"La complexité vient des différents déchets traités mais aussi des différentes technologies, des tailles de stations. Notre mission est de trouver des solutions adaptées pour un retour au sol de qualité pour les agriculteurs qui en ont besoin pour nourrir les sols." Jean-Luc JOSIAUD, Président du SYPREA

"La collecte sélective, le plus à la source possible, est souvent important, il faut être inventif pour aller chercher la matière. Il est fondamental de développer des partenariats stratégiques entre les producteurs et les entreprises de la gestion des déchets pour aller plus loin, dans le recyclage! C'est un élément clés de l'économie circulaire." Françoise Weber Présidente de la commission REP de la FNADE

"L'étude de l'ASTEE est une étude bibliographique qui devra être complétée par des études de terrain." Pierre HIRTZBERGER Président de l’ASTEE

Valoriser les déchets : un enjeu de sécurité industrielle

Face à la croissance des accidents liée aux parts indésirables de certains déchets, les participants ont débattu sur mesures nécessaires à la sécurisation des sites et du partage des risques.

©Cédric Helsly

"Notre profession brûle. Protoxyde d'azote et batteries lithium provoquent des explosions quotidiennes partout en France. Cela impacte directement la continuité de service de gestion des déchets. C'est un problème de sécurité pour nos salariés, les riverains, un problème assurantiel, environnemental et économique." Marc-Olivier HOUEL, Vice-Président de la FNADE

"On a vu une forte augmentation de la présence des bouteilles de protoxyde qui ont créé des explosions toutes les 1 ou 2 heures. Cela veut dire des travaux de réparation et des pertes d'exploitation avec moins d'énergie vendu. Ce sont des chiffres importants !"Aurelie Principaud, Directrice Générale des Services du SYCTOM

"Depuis 2020, le flux de bouteilles de protoxyde d’azote dans les ordures ménagères connaît une croissance exponentielle. Ce phénomène est devenu un véritable enjeu de société, lié à la généralisation de sa consommation.
Les bouteilles de protoxyde d’azote sont désormais la première cause d’indisponibilité des unités de valorisation énergétique (UVE) en France. Un problème majeur, aux conséquences techniques, financières et environnementales."Grégory RICHET, Président du SVDU

"C'est effectivement de plus en plus difficile de s'assurer dans le monde des déchets étant donné le nombre important de sinistres. Les coûts de ces sinistres sont conséquents car les outils industriels sont complexes par exemple avec du tri optique dans les centres de tri." Eric BLUM, Ingénieur prévention, DIOT SIACI Corporate Solutions

"Il faut parler de l'interdiction de ce produit : le protoxyde d'azote. Il y a aussi le malus dans les REP qui peut être actionné pour trouver des financements face à cette accidentalité croissante." Nicolas GARNIER, Délégué Général d’AMORCE

Les déchets à la croisée de la protection de l’environnement, du climat et de la santé publique
©Cédric Helsly

"Considérer deux grandes familles : le carbone vivant et le carbone fossile avec des produits dont la molécule même relève du fossile (plastiques). Le carbone vivant est un cycle essentiel pour la stabilisation du thermomètre, et malgré tout nous le sous-estimons à travers la déforestation, la destruction du milieu humide notamment. Le réchauffement climatique a déjà impacté la fonction des puits naturels. La stratégie zéro net ne peut s’opérer sans considération du carbone vivant." Christian DE PERTHUIS, Économiste du climat

©Cédric Helsly

"Le fil rouge de la programmation energie climat, c'est de se libérer des énergies fossiles (60 à 70 milliards d'euros par an pour les importations d'énergies fossiles). Il faut arrêter de subir la crise énergétique à répétition avec un objectif de 60 % d'énergie décarbonée à 2030. Le plan électrification est un outil parmi d’autres. La filière déchets s'inscrit dans la transition énergétique." Diane Simiu, Directrice Générale du climat, de l’efficacité énergétique et de l’air à la DGEC

"Contrairement au CO₂ d'origine fossile, le CO₂ biogénique, issu notamment de la méthanisation, s'inscrit dans le cycle naturel du carbone. Aujourd'hui encore largement rejeté dans l'atmosphère, il représente pourtant une ressource stratégique. Déjà utilisé dans l'agriculture, l'agroalimentaire ou certaines industries, il pourrait demain devenir un maillon essentiel de la production de carburants de synthèse pour l'aviation et le transport maritime." Nicolas Spilliaert, Coordinateur National – Développement CCUS de GRDF a rappelé que tous les CO₂ ne se valent pas.

"La filière déchets est encadrée par la réglementation ICPE qui fixe des règles, des contrôles pour protéger l'environnement. Notre métier de la gestion des déchets se fait en maîtrisant nos impacts sur l’environnement en suivant l’évolution des normes. Ce cadre protège la santé, le vivant, la qualité de l’air." Catherine Pradels, Vice-présidente de la Commission Transition écologique et Climat de la FNADE

"Le secteur des déchets est au bout de la chaîne. Il gère aujourd'hui les conséquences des choix faits en amont sur la mise sur le marché de certaines molécules. Chaque nouvelle crise environnementale rappelle la nécessité d'agir d'abord en amont : prévention, substitution des substances problématiques et innovation." Laurent Galdemas, président du SN2E

"Il est essentiel de décloisonner et d'avoir une approche systémique. C'est ainsi que l'on pourra faire progresser la santé environnementale et la santé publique, la protection de l'environnement et celle du climat. " Charlotte Nithart, Directrice de l’association ROBIN DES BOIS